La conservation des documents graphiques nécessite souvent l’utilisation d’un papier venu d’extrême orient. Tous les conservateurs du monde connaissent les qualités du papier Japon (ou Washi, terme utilisé pour ce papier traditionnel). Pendant des siècles, il a été fabriqué à la main dans différentes gammes prestigieuses et de grande qualité. Les fibres utilisées les plus connues portent les noms de Kozo, de Gampi et de Mitsumata. Chacune d’entre elles confèrent au papier des caractéristiques particulières. Même le plus léger des papiers Japon offre une grande résistance physique et une longévité qui le rendent idéal pour les travaux de conservation.

Kozo : le plus largement utilisé, ses fibres sont les plus longues (10 mm en moyenne). Elles donnent un papier d’une grande résistance et très stable dimensionnellement. Il représente 90% des fibres utilisées pour la fabrication de papier Japon, le meilleur Kozo utilisé pour le papier Washi japonais traditionnel venant des régions froides et montagneuses du Japon. D’autres sources de Kozo sont utilisées par certains papetiers japonais pour une fabrication à la machine, en raison de leurs qualités particulières.

Gampi : caractérisé par des fibres solides, brillantes (longueur des fibres entre 3 et 5 mm). Le Gampi produit un papier résistant, translucide avec une surface lustrée. En raison de la difficulté voire de l’impossibilité de le cultiver, le Gampi est une fibre très précieuse. Il possède une particularité : sa sève est toxique et cela signifie qu’il est extrêmement résistant aux dommages causés par les insectes.

Mitsumata : fibres fines, absorbantes, légèrement brillantes (longueur entre 3 et 5 mm). Produit un papier très lisse, plus lustré que le Kozo mais moins que le Gampi. Il est utilisé plus particulièrement dans les papiers lisses et doux, adaptés à la calligraphie. D’une durée de vie relativement inférieure à celle des autres papiers, les fibres Mitsumata sont parfois associées à d’autres fibres.

Informations
Papiers japonais déchirables à l’eau :

La longueur des fibres utilisées pour la fabrication des papiers japonais contribue à leur résistance au déchirement bien plus qu’à la découpe. Elle permet également d’obtenir des bords en biseau lorsqu’ils sont utilisés pour le doublage des œuvres d’art, etc.

La meilleure façon de les déchirer est de :

  1. Plier le papier à l’endroit souhaité
  2. Tracer une fine ligne humide le long de la pliure avec un pinceau
  3. D’une main, tenir une règle métallique le long de cette ligne de pliure
  4. Soulever le papier de l’autre main en déchirant la ligne de pliage affaiblie par l’eau en suivant le bord de la règle
Gamme de papiers et cartons