Ce moulin existe, en tant que moulin à papier, depuis 1539. Son maître-papetier actuel, Jacques Brejoux a dédié sa vie à l’art du papier et à la recherche des secrets des anciens papetiers.
Ce moulin fabrique des fac-similés de papiers allant de la fin du moyen âge jusqu’au 18ème siècle. Disponibles sans encollage, avec un encollage interne neutre, ou encollés à la gélatine à la cuve.
En plus de la gamme standard disponible en stock, des fabrications spéciales sont entreprises suivant les exigences des clients, y compris de papiers de style arabe de réparation.
Le moulin fabrique également des papiers pour les éditions d’art et les épreuves limitées.
En 2008, Jacques a réalisé l’ambition de sa vie ; fabriquer une pâte à papier au maillet en bois. Afin de prouver que les chiffons et les fibres battus par les maillets donnent une liaison inter fibres bien supérieure et donc une résistance plus grande.
En 2007 ce projet fut mené suite au premier stage d’été de fabrication de papier et de reliure, dirigé par Jacques Brejoux et de Christopher Clarkson et conçu et organisé par Conservation by Design.
Chistopher Clarkson enseignait la fabrication de couvrures souples en papier dans le style des premières reliures de la Renaissance Italienne qui l’ont tant impressionné en 1966 lorsqu’il participait au sauvetage des livres à la suite des inondations de Florence.
Ces reliures simples ont survécu au déluge bien mieux que le vélin ou les reliures de cuir, et il espérait remplacer les reliures perdues avec un papier de qualité similaire. Il lui fut néanmoins impossible de trouver un papier comparable aux papiers de la Renaissance en termes de qualité et de résistance.
La collaboration de Christopher Clarkson et de Jacques Brejoux au Moulin du Verger a donné naissance à un projet de recherche visant à produire ce papier que Christopher recherchait depuis si longtemps.
Jacques avait fabriqué des papiers de qualité avec sa vieille pile hollandaise, mais il pressentait que la seule façon de réaliser un papier de qualité comparable à celle des premiers papiers italiens serait de battre les chiffons en utilisant des maillets qui ouvriraient les fibres, et créeraient davantage de liaisons inter fibres que la technique de la pile Hollandaise plus rapide mais qui à tendance à couper les fibres .
Après un investissement substantiel en termes de financement et de temps passé, le système à maillets était prêt à fonctionner pour la session de septembre 2008. Le papier qui est fabriqué depuis en utilisant la pâte battue aux maillets s’est révélé plus résistante et a été approuvé par Christopher Clarkson.
Après avoir entendu parler de ce projet, Timothy Barratt, scientifique-chercheur et spécialiste du papier au « Center for the Book» de l’université de l’Iowa, organisa pour Jacques Brejoux une tournée de conférences et de stages en Amérique du nord. Il fit une communication sur le projet “maillets” lors de la réunion de l’organisation The Friends of Dard Hunter en Octobre 2010.
En 2007 Conservation By Design a organisé la première série de cours de fabrication de papier et de reliure souple en papier avec Jacques Brejoux (en haut) et Christopher Clarkson (au milieu à l’extrême droite). Cela a conduit à la fabrication et à l’installation de maillets en bois (ci-dessus) utilisés pour créer les papiers de couvrure MVM et CC. Il s’agit certainement de la première étape d’un retour dans le passé jamais vu en matière de fabrication du papier !
Christopher Clarkson faisant une démonstration de couvrure souple en papier à Jane Giscombe lors du stage de couvrure papier de 2007. À la suite de ce cours. Jane a très gentiment aidé à financer la fabrication des «maillets».
